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Qui paie en cas d’infestation de punaises de lit ? Propriétaire ou locataire ?
C’est devenu un véritable fléau ces dernières années.
Elles sont minuscules, presque invisibles à l’œil nu, mais leur impact est colossal. Les punaises de lit, qui prolifèrent à grande vitesse, empoisonnent la vie de nombreux ménages français.
Leur traitement est non seulement long et contraignant, mais également coûteux, avec des factures qui dépassent souvent les 1 000 euros.
Une question revient systématiquement : en cas d’infestation, qui doit payer, le propriétaire ou le locataire ?

Comprendre le problème des punaises de lit
Depuis quelques années, les punaises de lit sont devenues un véritable fléau sanitaire en France. Selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé, plus d’un million de foyers auraient été touchés par ce problème au cours des dernières années. Outre les désagréments physiques (piqûres, allergies, insomnies), l’infestation entraîne des coûts financiers lourds et des tensions juridiques entre bailleur et locataire.
La législation est claire : un logement envahi de nuisibles n’est pas considéré comme décent au sens du décret du 30 janvier 2002. Or, la loi du 6 juillet 1989 impose au propriétaire de délivrer à son locataire un logement décent, c’est-à-dire habitable et exempt de toute infestation. Mais cela ne signifie pas pour autant que la charge incombe toujours au bailleur.
Qui paie en cas d’infestation ?
La répartition des frais dépend essentiellement du moment où l’infestation est constatée et de son origine. Si le logement est infesté avant ou juste après l’arrivée du locataire, la responsabilité incombe au bailleur. Si l’infestation apparaît plusieurs années après l’entrée dans les lieux, il est admis que la charge repose sur le locataire, sauf preuve que le problème existait déjà. Enfin, lorsque l’infestation provient d’un logement voisin ou des parties communes d’une copropriété, c’est au propriétaire, via le syndic, d’organiser et de financer l’intervention.
Obligations respectives du propriétaire et du locataire
Le cadre juridique repose sur un équilibre entre deux obligations principales. D’une part, le bailleur doit garantir au locataire un logement décent, sans parasites ni vices cachés. Cette obligation de délivrance, prévue par l’article 6 de la loi de 1989, est renforcée par l’article 1721 du Code civil, qui prévoit que le propriétaire est tenu de garantir au locataire la jouissance paisible du bien.
D’autre part, l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 impose au locataire d’entretenir le logement et d’assumer les menues réparations. Autrement dit, si une infestation survient en cours de bail et qu’elle peut être imputée à un défaut d’entretien ou à un comportement du locataire, ce dernier devra prendre en charge les frais.
Depuis l’arrêté du 16 février 2023, la notice d’information annexée aux baux rappelle désormais les obligations des parties en matière de lutte contre les nuisibles. Autrement dit, tout le monde est officiellement briefé dès la signature.
« 2.3. Obligations des parties en matière de lutte contre les nuisibles
Au titre de ses obligations en matière de décence du logement, le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites (art. 6). A ce titre, le bailleur est tenu de maintenir le logement en état de décence tout au long du bail.
Afin d’éviter l’infestation de son logement par des punaises de lit, le locataire est cependant invité à suivre les recommandations et mesures préventives consultables sur le site internet stop-punaises. gouv. fr.
En cas d’infestation du logement en cours de bail, une action rapide est nécessaire. Dans ce cas, le locataire est invité à adopter les gestes simples recommandés pour traiter et endiguer l’infestation et à contacter immédiatement le bailleur afin de lui demander de procéder au traitement des lieux ou s’entendre avec lui pour sa prise en charge financière.
En cas de désaccord ou de silence du bailleur, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation en application des dispositions de l’art. 20-1 de la loi du 6 juillet 1989 susvisée.
Le locataire doit permettre l’accès aux lieux loués pour les travaux nécessaires à la désinsectisation par la société mandatée pour intervenir. Il doit également suivre les recommandations données pour traiter la situation et maintenir le logement exempt d’infestation.
Pour une information juridique sur les punaises de lit, tant le bailleur que le locataire peuvent contacter notamment le numéro de téléphone 0806 706 806, qui leur permettra d’échanger avec un conseiller d’Agence départementale d’information sur le logement (ADIL). »
Punaises de lit que dit la loi et les tribunaux ?
👉 La jurisprudence apporte des précisions utiles. La Cour de cassation, dans un arrêt du 17 décembre 2002 (n°01-03.316), a rappelé que le bailleur doit répondre des vices cachés du logement, dont une infestation de punaises de lit.
👉 Plus récemment, la Cour d’appel de Paris, le 29 juin 2018 (n°16/11182), a jugé que le bailleur restait responsable lorsque l’infestation apparaît peu de temps après l’entrée du locataire.
👉 À l’inverse, la Cour d’appel de Nîmes, le 15 octobre 2020 (n°19/01649), a retenu que si l’infestation survient longtemps après l’emménagement et qu’aucune cause externe ne peut être démontrée, la charge incombe alors au locataire.
👉 La Cour d’appel de Bordeaux, le 9 mai 2014 (n° 12/06806) a jugé que dans une infestation massive ignorée par le bailleur, la résiliation du bail et la responsabilité du propriétaire ont été retenues au titre de l’obligation de décence/entretien, rappelant que la mise en œuvre du traitement incombe au bailleur.
👉 À l’inverse la Cour d’appel de Chambéry, le 28 octobre 2010 (n° 10/00527) a retenu que lorsque l’infestation résulte d’un état de saleté attribué au locataire, la charge financière pèse sur ce dernier.
👉 La Cour d’appel de Paris, le 31 janvier 2017 (n° 15/07085) rappelle que le bailleur ne répond pas de ce qui n’est pas inhérent à l’immeuble : les punaises étant véhiculées par l’homme, et l’origine de l’infestation restant inconnue après plusieurs années dans les lieux, le bailleur n’a pas manqué à son obligation de délivrance.
👉 Décision citée pour illustrer la logique d’imputabilité, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, le 14 décembre 2022 (n° 21/0378) a jugé que lorsque l’infestation s’inscrit dans un contexte d’immeuble ou de voisinage, les juges examinent la propagation et la diligence du bailleur.
👉 Dans une nouvelle affaire où la locataire évoquait une désinsectisation qu’elle avait assumée ; la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, le 9 février 2023 (n° 22/0829) infirme le jugement et déboute la demande de remboursement au bailleur pour le traitement anti-punaises (question de preuve et d’origine).
Situation typique | Qui paie le traitement ? | Pourquoi |
---|---|---|
Avant location : infestation présente ou révélée très tôt après l’entrée (délai court) | Propriétaire | Obligation de délivrance d’un logement décent sans nuisibles ; défaut révélateur d’un vice dès l’origine. |
Propagation via voisins / parties communes (copropriété) | Propriétaire (souvent via syndic, répercussion en charges de copro) | La cause vient de l’immeuble ; il revient au bailleur/syndic d’organiser le traitement collectif. |
Après plusieurs mois/années d’occupation, logement seul touché | Cas par cas : souvent locataire si le bailleur prouve l’absence d’infestation initiale et l’introduction postérieure | Les punaises sont véhiculées par l’homme ; si l’origine n’est pas inhérente au logement, le bailleur peut être exonéré. |
Défaut d’entretien ou négligence du locataire (désordre avéré) | Locataire | Lorsque le comportement fautif du preneur est établi, la charge peut basculer. |
Traitements “produits” inclus dans les charges | Produits récupérables sur charges locatives ; main-d’œuvre généralement à la charge du bailleur | Les produits de désinsectisation relèvent des charges récupérables (décret 87-713), pas la prestation elle-même. |
Infestation grave rendant le logement impropre | Propriétaire + possible procédure d’insalubrité | Un logement infesté peut devenir non décent, et dans les cas extrêmes relever de l’insalubrité administrative. |
Comment agir face à une infestation ?
Informer immédiatement le bailleur ou le locataire par écrit (lettre recommandée ou mail avec preuve).
Faire établir un constat (photos, intervention d’un expert, huissier si nécessaire).
Faire intervenir une société spécialisée agréée, et non un simple traitement artisanal.
Prévoir une désinfestation complète (souvent plusieurs passages).
En cas de litige → possibilité de saisir la commission départementale de conciliation ou le tribunal judiciaire.
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Questions fréquentes
Par principe, le propriétaire : il doit délivrer et maintenir un logement décent sans nuisibles. Exception : si le bailleur prouve que l’infestation résulte d’une faute du locataire ou est postérieure à l’entrée, la charge peut basculer.
Si le bailleur est responsable, le locataire n’a pas à payer la prestation. En cas de désaccord, utilisez la conciliation (Commission départementale) puis, si besoin, saisissez le tribunal judiciaire. Documentez tout : rapports, dates, preuves.
Renseignez-vous auprès des ADIL et des dispositifs publics ; l’État propose des ressources pratiques (numéros, guides, conseils). Certaines collectivités subventionnent les traitements sous conditions
Oui. Un logement infesté n’est pas louable : la décence s’apprécie dès la délivrance et pendant toute la durée du bail. La notice annexée au bail rappelle ces obligations.