Expulsions locatives : un nombre qui explose en 2024

Expulsions locatives en France : comprendre les causes d'une hausse historique

Une année noire pour les locataires : les chiffres alarmants de 2024

L’année 2024 a été marquée par une augmentation sans précédent des expulsions locatives en France. Selon le ministère du Logement, 24 556 expulsions forcées ont été recensées, soit une hausse de 29 % par rapport à 2023 . Cette tendance inquiétante reflète une crise du logement qui s’aggrave, touchant de plus en plus de ménages vulnérables.

2024 année record pour les expulsions

📊 Les chiffres de la Chambre Nationale des Commissaires de justice

Explosion des expulsions :

En 2024, 24 000 procès-verbaux d’expulsion ont été délivrés, contre 12 825 en 2023, soit une augmentation de 87 %.

Evolution nombre d'expulsion
  • Commandements de payer : 171 000 commandements de payer ont été signifiés à des locataires en 2024, en hausse de 11 % par rapport à l’année précédente.

  • Décisions judiciaires d’expulsion : 81 000 décisions de justice ordonnant l’expulsion d’un locataire ont été prononcées en 2024, soit une progression de 9,3 % sur un an.

  • Relogement des ménages expulsés : Les commissaires de justice estiment que seulement 10 % à 15 % des ménages expulsés sont relogés, bien qu’il n’existe pas de chiffres officiels consolidés. 

  • Abandons de logements : Le nombre de constats officiels d’abandon de logements (locataires partis sans donner congé ni rendre les clés) a augmenté de 8 % en 2024, atteignant 5 350 cas.

 

Un nombre record d’expulsion aux raisons multiples

1. L’impact économique post-Covid

La pandémie de Covid-19 a laissé des séquelles économiques durables. De nombreux ménages ont vu leurs revenus diminuer, rendant difficile le paiement des loyers. En 2024, 171 000 commandements de payer ont été signifiés, en hausse de 11 % par rapport à l’année précédente .

2. La loi « antisquat » de 2023

La loi du 27 juillet 2023, dite « antisquat », a facilité les procédures d’expulsion, notamment en réduisant les délais légaux et en alourdissant les sanctions pour les occupants sans droit ni titre . Si cette loi visait à protéger les propriétaires, elle a également eu pour effet d’accélérer les expulsions, parfois au détriment des locataires en difficulté.

3. La pénurie de logements abordables

La demande en logements sociaux dépasse largement l’offre disponible. En 2024, 2,6 millions de demandes de logements sociaux étaient en attente, tandis que 4,2 millions de personnes étaient considérées comme mal logées . Cette situation pousse certains propriétaires à privilégier des locations plus rentables, au détriment des locataires modestes.

Des conséquences humaines dramatiques selon les associations

Derrière ces chiffres se cachent des drames humains. Un tiers des personnes expulsées se retrouvent sans solution de relogement pérenne, même un à trois ans après leur expulsion . Les associations alertent sur l’augmentation du nombre de sans-abri, estimé à 350 000 personnes en 2024.

Des solutions existent : prévention et accompagnement

Face à cette crise, des mesures peuvent être mises en place pour prévenir les expulsions :

  • Renforcement des dispositifs d’aide au paiement des loyers : mise en place de fonds de solidarité pour le logement (FSL) plus accessibles.

  • Accompagnement social des locataires en difficulté : intervention précoce des travailleurs sociaux pour éviter l’accumulation des dettes.

  • Médiation entre propriétaires et locataires : favoriser le dialogue pour trouver des solutions amiables avant d’engager des procédures judiciaires.

Des informations détaillées sur ces dispositifs sont disponibles sur le site de la Fondation pour le logement des défavorisés

 

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