Loyer et chargesLoi du 6 juillet 1989, articles 8-1, 23, 25-10 et 25-18

Charges forfaitaires ou au réel : que choisir pour votre location ?

Provisions avec régularisation annuelle, ou forfait fixe sans régularisation : le choix n'existe pas dans tous les baux. Qui peut choisir, ce que chaque régime vous fait gagner ou risquer, comment fixer un forfait qui tient, et un simulateur pour comparer sur une année.

Nicolas Thomas, ancien commissaire de justice , ancien commissaire de justice, fondateur de Qalimo
Sources vérifiées le 29 octobre 2026
3bauxpermettent le forfait : meublé, colocation et bail mobilité
1fois par anau moins, la régularisation des provisions sur charges
6moisde mise à disposition des justificatifs après le décompte
0régularisationpour un forfait : ni complément, ni remboursement

Dans une location vide classique, vous n'avez pas le choix : les charges se paient par provisions, régularisées au moins une fois par an sur les dépenses réelles (article 23 de la loi du 6 juillet 1989). Les charges forfaitaires ne sont possibles qu'en meublé (article 25-10) et en colocation (article 8-1), au choix des parties, et elles sont obligatoires dans un bail mobilité (article 25-18). Le forfait est simple et ne se régularise jamais, mais il vous fait porter la hausse des dépenses. Les provisions demandent un décompte annuel justifié, mais vous récupérez exactement ce qui est récupérable.

Location vide
Provisions et régularisation annuelle. Pas de forfait.
Meublé
Provisions ou forfait, selon ce que prévoit le bail.
Colocation
Provisions ou forfait, en vide comme en meublé.
Bail mobilité
Forfait obligatoire, sans régularisation.
“

Les litiges de charges que j'ai vus partaient rarement d'une grosse somme. Ils partaient d'une ligne du bail écrite trop vite : un forfait dans un bail vide, ou un forfait jamais revu pendant des années, puis une régularisation réclamée d'un coup. Le locataire demandait alors les justificatifs, et le bailleur découvrait qu'il ne les avait pas gardés. Le choix entre forfait et provisions se fait à la signature. Après, il faut pouvoir le justifier.

Nicolas Thomas, ancien commissaire de justice

Qui peut choisir ?

Forfait ou provisions : c'est d'abord votre bail qui décide

L'article 23 de la loi de 1989 pose la règle : les charges sont exigibles sur justification. Le forfait n'est qu'une exception, prévue par trois textes.

Provisions obligatoires

Bail vide

Provisions avec régularisation annuelle. Le contrat type prévoit aussi le paiement périodique des charges sans provision. Pas de forfait, sauf en colocation.

Article 23
Au choix

Bail meublé

Provisions régularisées comme en vide, ou forfait versé avec le loyer. Le bail indique le mode retenu.

Article 25-10
Au choix

Colocation

Bail unique ou baux individuels, logement vide ou meublé : les parties peuvent convenir d'un forfait.

Article 8-1
Forfait obligatoire

Bail mobilité

Les charges sont récupérées sous forme de forfait versé avec le loyer, sans complément ni régularisation.

Article 25-18

Un forfait dans un bail vide ordinaire ne vous protège pas. Hors colocation, la loi n'autorise que des charges justifiées. Le locataire peut demander les justificatifs des dépenses et réclamer ce qu'il a payé en trop. Les actions nées du bail se prescrivent par trois ans (article 7-1).

Les deux mécanismes

Charges forfaitaires ou provisions : avantages et risques côte à côte

Provisions et régularisation

Le locataire verse chaque mois une avance. Une fois par an au moins, vous comparez les provisions encaissées aux charges réellement récupérables. Vous demandez le complément ou remboursez le trop-perçu.

  • Vous récupérez exactement les charges récupérables, même si elles augmentent.
  • Le locataire paie le réel : moins de contestation sur le montant.
  • Un décompte par nature de charges, envoyé un mois avant la régularisation.
  • Les justificatifs tenus à disposition pendant six mois.
  • Une régularisation faite après la fin de l'année suivante se paie par douzièmes, si le locataire le demande.

Article 23 de la loi du 6 juillet 1989. Le détail du calcul : la régularisation des charges.

Forfait de charges

Un montant fixe, écrit au bail, versé avec le loyer selon la périodicité prévue. Il ne donne lieu à aucun complément ni à aucune régularisation. Il peut être révisé chaque année, aux mêmes conditions que le loyer.

  • Aucun décompte annuel, aucun rappel de charges à réclamer.
  • Un montant connu d'avance, simple à suivre pour vous et le locataire.
  • La hausse des dépenses reste à votre charge jusqu'à la révision.
  • Il ne doit pas être manifestement disproportionné par rapport aux charges réelles.
  • Révisable seulement si le bail le prévoit, comme le loyer.

Articles 8-1, 25-10 et 25-18 de la loi du 6 juillet 1989 ; Service-public.fr, charges locatives.

Ce que le choix ne change pas. Forfait ou provisions, seules les charges récupérables entrent dans le calcul : la liste du décret n° 87-713 du 26 août 1987 reste la référence, et le forfait est fixé « en fonction des montants exigibles » au titre de l'article 23. Un forfait ne permet donc pas de faire payer au locataire une dépense qui n'est pas récupérable. Pour savoir ce qui l'est, poste par poste, voyez les charges récupérables.

Le simulateur

Forfait ou provisions : ce que chaque choix vous rapporte sur un an

Choisissez votre bail, estimez vos charges récupérables de l'année et le forfait envisagé, puis faites varier les dépenses réelles. Le simulateur montre ce que paie le locataire et ce qui reste à votre charge.

Votre bail
Charges récupérables estimées sur l'année1 200 €
Forfait mensuel envisagé105 €
Évolution des dépenses réelles+ 7 %

Provisions : le locataire paie toujours le réel, après régularisation.

Forfait : il paie douze fois le même montant, quelles que soient les dépenses.

Régime possibleAu choix : forfait ou provisions
Provisions et régularisation…

Forfait…

Charges réelles de l'année…
Reste à votre charge au forfait…
Écart forfait / estimation…

Simulation indicative, sur une année entière, sans révision du forfait en cours d'année. Les provisions sont supposées égales à l'estimation, puis régularisées sur les dépenses réelles. Aucun texte ne fixe de seuil chiffré de disproportion : seul le juge apprécie si un forfait est « manifestement disproportionné ». Sources : loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, articles 8-1, 23, 25-10 et 25-18 ; Service-public.fr, charges locatives (vérifié le 15 avril 2025).

Fixer le forfait

Un forfait de charges qui tient : quatre étapes

Le forfait n'est pas un montant libre. Il se calcule à partir des charges récupérables et doit rester cohérent avec ce que payait le locataire précédent.

  1. 1Partir du réelAdditionnez les charges récupérables de l'an passé : décompte du syndic, contrats d'entretien, taxe d'enlèvement des ordures ménagères.
  2. 2ComparerLe montant ne doit pas être manifestement disproportionné au regard des charges payées par le locataire, ou par le précédent.
  3. 3L'écrire au bailMontant et périodicité de versement, avec le loyer. Le forfait est payé en même temps que lui.
  4. 4Prévoir la révisionUne clause de révision annuelle, aux mêmes conditions que le loyer principal, donc sur l'indice de référence des loyers.
Nicolas Thomas
Le conseil de l'ancien huissier

Gardez le calcul qui a servi à fixer le forfait : le décompte de charges de l'année précédente, les factures, la taxe d'ordures ménagères. Si le locataire conteste un jour le montant, c'est ce dossier qui montre que le forfait correspondait aux charges récupérables. Et faites jouer la révision chaque année, en même temps que celle du loyer : voyez la révision du loyer avec l'IRL.

Changer de régime

Passer du forfait aux provisions, ou l'inverse

Le mode de paiement des charges fait partie du contrat. Vous ne pouvez pas le modifier seul en cours de bail.

En cours de bail

Un contrat ne se modifie que du consentement mutuel des parties (code civil, article 1193). Il faut donc l'accord écrit du locataire, par un avenant au bail qui fixe la date de bascule.

À la relocation

Un nouveau bail est l'occasion de choisir le régime, dans les limites du type de bail. Le forfait se fixe alors sur les charges réelles et sur celles du précédent locataire.

La bascule elle-même

Passer aux provisions : la première régularisation porte sur la période qui suit l'avenant. Revenir au forfait : régularisez d'abord les provisions jusqu'à la date de changement.

Ce qui est exclu

Un forfait dans un bail vide hors colocation, et des provisions dans un bail mobilité : la loi ne les prévoit pas, même avec l'accord du locataire.

En colocation, pensez au départ d'un colocataire. Avec un forfait, il n'y a aucune régularisation à faire quand l'un d'eux s'en va. Avec des provisions, prévoyez dans le bail comment le solde de charges de la période est réparti entre les colocataires. Les règles du départ : le colocataire sortant.

À éviter

Les six erreurs sur le régime des charges

01

Un forfait dans un bail vide

Hors colocation, la clause ne vous dispense pas de justifier les charges. Le locataire peut réclamer le trop-payé.

02

Un forfait gonflé

Arrondir largement « pour être tranquille » expose à une contestation : le forfait doit rester proportionné aux charges réelles.

03

Régulariser un forfait

Réclamer un complément en fin d'année parce que l'énergie a augmenté : c'est exactement ce que le forfait interdit.

04

Oublier la clause de révision

Sans clause, le forfait reste figé. Avec elle, il évolue chaque année comme le loyer, pas au gré des factures.

05

Des provisions jamais régularisées

Encaisser des provisions sans décompte annuel, c'est accumuler une dette ou une créance que le locataire peut réclamer pendant trois ans.

06

Changer de régime sans avenant

Annoncer par courrier que les charges passent au forfait, ou aux provisions, ne lie pas le locataire. Il faut son accord écrit.

Avec Qalimo

Provisions ou forfait, chaque euro à sa place

Le régime des charges se joue sur douze appels et un décompte. Qalimo tient les deux.

AVIS D'ÉCHÉANCE
Loyer720,00 €
Charges105,00 €
EnvoiAutomatique

Les appels de loyer et de charges

Les avis d'échéance partent automatiquement avant chaque terme, loyer et charges distingués. Exemple chiffré fictif.

Provisions+ 1 200 €Appelé
Charges réelles− 1 284 €Saisi
Solde+ 84 €Calculé

La régularisation des provisions

Qalimo compare les provisions appelées et les charges réelles comptabilisées sur la période. Pour un forfait, il n'y a rien à régulariser.

Justificatifs

Les justificatifs au même endroit

Décomptes du syndic, factures et avis de taxe rangés dans le dossier du logement, prêts à montrer au locataire.

Questions fréquentes

Charges au forfait ou au réel : vos questions

Quelle est la différence entre charges forfaitaires et provisions sur charges ?
Les provisions sont des avances versées chaque mois, comparées au moins une fois par an aux charges réellement récupérables : le bailleur demande un complément ou rembourse le trop-perçu (article 23 de la loi du 6 juillet 1989). Le forfait est un montant fixe écrit au bail, versé avec le loyer, qui ne donne lieu à aucun complément ni à aucune régularisation.
Peut-on mettre les charges au forfait dans une location vide ?
Non, sauf en colocation. Dans un bail vide classique, les charges sont exigibles sur justification, par provisions régularisées chaque année. Le forfait est réservé au meublé (article 25-10), à la colocation (article 8-1) et au bail mobilité (article 25-18).
Le forfait de charges est-il obligatoire en location meublée ?
Non. En meublé, le bail prévoit au choix des provisions régularisées comme en location vide, ou un forfait versé avec le loyer. Seul le bail mobilité impose le forfait.
Comment fixer le montant d'un forfait de charges ?
À partir des charges récupérables réelles : le forfait est fixé en fonction des montants exigibles au titre de l'article 23, donc de la liste du décret n° 87-713. Il ne doit pas être manifestement disproportionné au regard des charges payées par le locataire ou, le cas échéant, par le précédent locataire. Gardez le calcul et les justificatifs qui ont servi à le fixer.
Peut-on augmenter un forfait de charges ?
Oui, une fois par an, aux mêmes conditions que le loyer principal, si le bail prévoit cette révision. En revanche, le bailleur ne peut pas réclamer un complément en fin d'année parce que les dépenses ont augmenté : le forfait ne se régularise pas.
Peut-on passer du forfait aux provisions en cours de bail ?
Seulement avec l'accord du locataire. Le mode de paiement des charges fait partie du contrat, qui ne se modifie que du consentement mutuel des parties (article 1193 du code civil) : il faut un avenant signé qui fixe la date du changement. Le choix reste limité par le type de bail : pas de forfait en vide hors colocation, pas de provisions en bail mobilité.
Le locataire peut-il contester un forfait de charges trop élevé ?
Il peut soutenir que le forfait est manifestement disproportionné au regard des charges réelles, devant la commission départementale de conciliation puis le juge des contentieux de la protection. Aucun texte ne fixe de seuil chiffré : le juge apprécie au cas par cas. Un forfait calculé sur les charges récupérables de l'année précédente, justificatifs à l'appui, est le meilleur moyen de se protéger.
Que faire si mes provisions n'ont pas été régularisées depuis longtemps ?
Faites la régularisation dès que possible, avec un décompte par nature de charges envoyé un mois avant. Si elle intervient après la fin de l'année civile qui suit l'année où les charges étaient exigibles, le locataire peut demander à payer le complément par douzièmes. Au-delà de trois ans, les sommes sont prescrites (article 7-1).

Sources

Forfait ou provisions,
des charges qui se justifient.

Avis d'échéance automatiques, régularisation calculée sur les charges réelles, justificatifs rangés : avec Qalimo, vos charges sont prêtes pour le décompte.

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