Le bailleur face au droitLoi du 6 juillet 1989, articles 4 et 7

Retard de loyer : mon locataire a-t-il le droit de payer en retard ?

Un retard de loyer, même de quelques jours, est un manquement du locataire : le loyer est dû à la date prévue par le bail. Mais le bailleur ne peut lui facturer aucune pénalité. Il peut relancer, réclamer des intérêts au taux légal après une mise en demeure, et agir si le retard dure ou se répète. Les règles, un calculateur et le bon geste à chaque étape.

Nicolas Thomas, ancien commissaire de justice , ancien commissaire de justice, fondateur de Qalimo
Sources vérifiées le 29 octobre 2026
0€de pénalité de retard : toute clause qui en prévoit est réputée non écrite
6,84%taux de l'intérêt légal au second semestre 2026, pour un créancier particulier
2moisd'impayé : le seuil qui déclenche les signalements à la CAF et à la CCAPEX
3anspour réclamer un loyer impayé, avant la prescription

Non, le locataire n'a pas le droit de payer son loyer en retard : il doit le régler « aux termes convenus » dans le bail (article 7, a de la loi du 6 juillet 1989). Mais un retard de loyer ne peut donner lieu à aucune pénalité, toute clause qui en prévoit étant réputée non écrite (article 4, i). Le bailleur peut seulement réclamer des intérêts au taux légal à partir d'une mise en demeure, et un retard qui dure ou se répète peut mener à la résiliation du bail ou au refus de son renouvellement. Aucun texte n'accorde au locataire de délai de tolérance.

La date
Celle du bail : à échoir ou à terme échu, au jour prévu.
Interdit
Pénalité, majoration, frais de relance ou de quittance.
Possible
Intérêts au taux légal, après une mise en demeure.
Si ça dure
Commandement de payer, ou congé à l'échéance si les retards se répètent.
“

Dans les dossiers d'impayé que j'ai suivis, la dette commençait rarement par un loyer manqué. Elle commençait par des retards qui s'allongeaient d'un mois sur l'autre, et que le bailleur laissait passer pour ne pas froisser son locataire. Le jour où il voulait agir, il n'avait ni relance écrite ni date à montrer. Un retard se traite le jour où il arrive : poliment, mais par écrit.

Nicolas Thomas, ancien commissaire de justice

La date d'exigibilité

Date de paiement du loyer : c'est le bail qui la fixe

Le contrat type de location prévoit d'indiquer la périodicité du loyer, le paiement à échoir ou à terme échu, et la date ou la période de paiement. Le lendemain de cette date, le loyer est en retard.

À échoir

Le loyer se paie au début de la période qu'il couvre : le loyer de novembre est dû début novembre. C'est la formule la plus courante.

Paiement

À terme échu

Le loyer se paie à la fin de la période : le loyer de novembre est dû fin novembre ou début décembre, selon la date écrite au bail.

Paiement
Pas de délai de tolérance

Aucun texte ne laisse au locataire quelques jours de marge après la date du bail. Une tolérance accordée par habitude reste une simple tolérance : elle ne modifie pas le bail.

Le paiement mensuel est de droit

Si le bail prévoit un loyer trimestriel, le locataire peut exiger de payer chaque mois (article 7, a). Le bailleur ne peut pas refuser.

Pas d'avis, loyer quand même dû

L'obligation de payer vient du bail. L'absence d'avis d'échéance ne repousse pas la date, même si l'envoyer chaque mois évite bien des oublis.

Ce que la loi interdit

Frais de retard de loyer : la clause qui ne vaut rien

Pour les baux d'habitation, vides ou meublés, signés, renouvelés ou reconduits depuis le 27 mars 2014, le bailleur ne peut facturer ni amende ni pénalité de retard (Service-public.fr). La clause reste écrite dans le bail, mais elle est sans effet.

Article 9 du bail · Exemple

« Tout retard de paiement du loyer entraînera une pénalité forfaitaire de 10 % du montant dû, majorée de 15 € de frais de relance. »

Réputée non écrite
  • Article 4, iPas d'amende ni de pénalité pour une infraction aux clauses du bail, dont le retard de paiement.
  • Article 4, pPas de frais de relance ni d'expédition de la quittance mis à la charge du locataire.
  • Article 21Aucuns frais liés à la gestion de l'avis d'échéance ou de la quittance.

La même interdiction vaut pour un « loyer majoré » en cas de retard ou pour des « frais de gestion du retard » : le nom change, la règle non. Pour les clauses de paiement autorisées, voyez le prélèvement automatique du loyer.

Ce que la loi permet

Intérêts au taux légal : la seule compensation du retard

Le code civil ne laisse pas le retard sans conséquence. Mais ce qu'il accorde au bailleur est encadré, et commence par une démarche écrite.

1

Une mise en demeure d'abord

Le débiteur est mis en demeure par une sommation ou un acte portant une interpellation suffisante (article 1344 du code civil). En pratique : une lettre recommandée qui réclame clairement la somme.

2

Les intérêts courent ensuite

La mise en demeure de payer une somme d'argent fait courir l'intérêt au taux légal, sans que le créancier ait à prouver un préjudice (articles 1231-6 et 1344-1).

3

Deux taux selon le bailleur

Au second semestre 2026 : 6,84 % par an quand le créancier est une personne physique qui n'agit pas pour des besoins professionnels, 2,75 % dans les autres cas (arrêté du 26 juin 2026).

4

Après un jugement, plus cher

Deux mois après qu'une condamnation est devenue exécutoire, le taux légal est majoré de cinq points (code monétaire et financier, article L313-3).

Un préjudice distinct, en cas de mauvaise foi. Si le locataire en retard, par sa mauvaise foi, cause au bailleur un préjudice indépendant du retard lui-même, le juge peut accorder des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires (article 1231-6, alinéa 3). Il faut alors prouver la mauvaise foi et le préjudice.

Le calculateur

Calculer un retard de loyer : jours, étape et intérêts

Indiquez la date prévue au bail, la date du paiement et, s'il y en a une, celle de la mise en demeure. Le calculateur compte les jours, situe l'étape et chiffre les intérêts au taux légal réellement réclamables.

Le loyer
Le bailleur est
Retard constaté 29 jours
J+3J+8J+15J+30
Pénalité de retard facturable0,00 €
Intérêts au taux légal réclamables0,00 €
Taux appliqué6,84 %

Indicatif. Intérêts simples calculés jour par jour sur la somme due, de la réception de la mise en demeure jusqu'au paiement, aux taux de 2026 : 6,67 % et 2,62 % au premier semestre, 6,84 % et 2,75 % au second (arrêté du 26 juin 2026). Au-delà du 31 décembre 2026, le taux du second semestre 2026 est repris faute de taux publié. Les repères J+3, J+8 et J+15 sont ceux des relances Qalimo, pas des délais légaux. Sources : code civil, articles 1231-6, 1344 et 1344-1 ; code monétaire et financier, article L313-2 ; loi du 6 juillet 1989, article 4, i.

Du retard à l'impayé

Retard de paiement du loyer : quand il devient un impayé

Juridiquement, un loyer non réglé à sa date est déjà impayé. Mais les démarches et les seuils s'enchaînent dans un ordre précis. Voici la frise, du premier jour à la prescription.

  1. J
    Le jour prévu au bailLe loyer est exigible. Le lendemain, il est en retard, sans délai de grâce.
  2. J+3
    Une relance courtoiseUn message écrit, daté, qui rappelle la somme et la date du bail. Souvent, c'est un oubli ou un virement décalé.
  3. J+15
    La mise en demeurePar lettre recommandée avec avis de réception, si les relances restent sans effet. Elle fait courir les intérêts. Voyez le modèle de mise en demeure pour loyer impayé.
  4. Puis
    Le commandement de payerDélivré par un commissaire de justice, il ouvre le délai de six semaines de la clause résolutoire. Il doit être signifié à la caution dans les quinze jours, sinon elle n'est pas tenue des pénalités ni des intérêts de retard. Voyez le commandement de payer.
  5. 2 mois
    Deux mois : les signalementsSi l'aide au logement est versée au bailleur, l'impayé est constitué quand la dette atteint deux fois le loyer et les charges nets de l'aide ; le bailleur a alors deux mois pour le signaler à la CAF ou à la MSA. Lors du commandement, le commissaire de justice signale aussi l'impayé à la CCAPEX quand il atteint deux mois, pour un bailleur personne physique ou une SCI familiale.
  6. 3 ans
    Trois ans : la prescriptionPassé trois ans, le loyer impayé ne peut plus être réclamé en justice (article 7-1). Voyez la prescription des loyers impayés.

J+3 et J+15 sont des repères de bonne pratique, pas des délais légaux. La procédure complète, du premier retard à l'audience, est détaillée dans loyer impayé, la procédure étape par étape.

Si les retards se répètent

Retard de loyer à répétition : ce que le bailleur peut faire

Un locataire qui paie toujours, mais toujours en retard, ne laisse pas d'impayé à réclamer. Il laisse un dossier. C'est lui qui compte le jour où vous voulez tourner la page.

Ne pas renouveler le bail

Des retards de paiement répétés peuvent justifier un congé pour motif légitime et sérieux, à l'échéance du bail et avec le préavis légal (Service-public.fr ; article 15). Sans relances écrites ni historique des dates, le motif se prouve mal. Voyez le congé pour motif légitime et sérieux.

Accepter un paiement partiel

Encaissez ce qui arrive, et délivrez un reçu plutôt qu'une quittance : la quittance atteste un paiement intégral (article 21). Un paiement partiel laisse un solde dû, qui peut avoir les mêmes conséquences qu'un impayé.

Parler avant d'écrire fort

Un retard qui s'installe signale souvent une difficulté. Des dispositifs existent pour le locataire comme pour le bailleur : voyez les aides en cas d'impayé de loyer. Le locataire ne peut pas non plus suspendre seul son loyer : ce que dit la loi.

La solution durable

Changer la date de paiement du loyer : un avenant, pas une habitude

Un locataire payé le 10 qui doit son loyer le 1er sera en retard chaque mois. Déplacer la date est souvent plus efficace que relancer. Mais cela se fait par écrit.

Avenant au bailExemple
Date de paiement1er du mois 10 du mois
TermeÀ échoir, inchangé
À compter duLoyer de janvier 2027
SignaturesBailleur et locataire
  • Les deux doivent être d'accord. La date et le terme sont des stipulations du bail : ni le bailleur ni le locataire ne peuvent les changer seuls. Seul le passage au paiement mensuel s'impose au bailleur.
  • Un avenant daté et signé. Il précise la nouvelle date et le premier loyer concerné. Voyez l'avenant au bail.
  • Pas de contrepartie déguisée. Décaler la date ne permet pas d'ajouter des frais ou une majoration : l'article 4 s'applique toujours.
  • Un mode de paiement proposé, jamais imposé. Le prélèvement aide à tenir la date, mais une clause qui l'impose est réputée non écrite (article 4, c).
Nicolas Thomas
Le conseil de l'ancien huissier

Relancez dès le premier retard, même s'il ne dure que trois jours, et toujours par écrit. Le ton peut être aimable, la trace doit exister. Si les retards reviennent chaque mois au même moment, ne vous épuisez pas en relances : proposez de déplacer la date par avenant. Et ne réclamez jamais de pénalité, même « pour le principe » : c'est la première chose qu'un avocat du locataire relèvera dans vos courriers.

À éviter

Les six erreurs face à un loyer en retard

01

Appliquer la pénalité du bail

La clause est réputée non écrite. La réclamer, ou la déduire d'un paiement, fragilise tout le décompte que vous présenterez ensuite.

02

Facturer la relance

Frais de relance, frais d'envoi, frais de gestion : interdits par l'article 4, p et l'article 21, même pour une lettre recommandée.

03

Tolérer sans rien écrire

Des mois de retards acceptés en silence ne laissent aucune preuve. Une relance datée par retard suffit à constituer l'historique.

04

Délivrer une quittance pour un paiement partiel

La quittance atteste un paiement intégral. Pour un acompte, c'est un reçu, avec le solde restant dû.

05

Réclamer des intérêts sans mise en demeure

Les intérêts au taux légal courent à partir de la mise en demeure, pas de la date du bail. Sans elle, rien à réclamer.

06

Oublier la caution

Si un commandement de payer est délivré, il doit être signifié à la caution dans les quinze jours. À défaut, elle n'est pas tenue des pénalités ni des intérêts de retard.

Avec Qalimo

Le retard repéré le jour même, la relance déjà partie

Un retard se gère sur des dates. Qalimo les surveille pour vous, sans jamais encaisser vos loyers.

Octobre+ 850,00 €Rapproché
Novembre0,00 €En retard
Novembre+ 850,00 €Reçu

Les loyers rapprochés en banque

Vos comptes sont reliés en lecture seule : chaque loyer reçu est rapproché du bon locataire, et un retard se voit tout de suite. Exemple chiffré fictif.

RETARD
Première relanceJ+3
Deuxième relanceJ+8
Troisième relanceJ+15

Les relances automatiques

Trois relances partent seules à J+3, J+8 et J+15, sans frais pour le locataire. Ensuite, un modèle de mise en demeure envoyé par lettre recommandée depuis Qalimo.

Avis d'échéance

L'avis d'échéance avant la date

Les avis d'échéance partent automatiquement avant chaque terme, et les quittances suivent le paiement : le locataire a toujours la date sous les yeux.

Questions fréquentes

Retard de loyer : vos questions

Un locataire a-t-il le droit de payer son loyer en retard ?
Non. Le locataire doit payer le loyer et les charges aux termes convenus dans le bail (article 7, a de la loi du 6 juillet 1989). Le lendemain de la date prévue, le loyer est en retard. Aucun texte ne lui accorde de délai de tolérance, mais le bailleur ne peut pas non plus lui facturer de pénalité.
Le bailleur peut-il appliquer des pénalités de retard sur le loyer ?
Non. Une clause qui autorise le bailleur à percevoir des amendes ou des pénalités en cas d'infraction aux clauses du bail est réputée non écrite (article 4, i). Les frais de relance et d'expédition de la quittance sont aussi interdits (article 4, p), comme tout frais lié à l'avis d'échéance ou à la quittance (article 21).
Peut-on réclamer des intérêts pour un loyer payé en retard ?
Oui, des intérêts au taux légal, à partir d'une mise en demeure de payer, sans avoir à prouver un préjudice (articles 1231-6 et 1344-1 du code civil). Au second semestre 2026, le taux est de 6,84 % par an pour un créancier personne physique qui n'agit pas pour des besoins professionnels, et de 2,75 % dans les autres cas.
À partir de quand un retard de loyer devient-il un impayé ?
Dès le lendemain de la date prévue au bail, le loyer non réglé est impayé. Certains seuils déclenchent ensuite des démarches : quand l'aide au logement est versée au bailleur, l'impayé est constitué pour la CAF ou la MSA lorsque la dette atteint deux fois le loyer et les charges nets de l'aide, et le bailleur a deux mois pour le signaler.
Que faire quand le locataire paie toujours en retard ?
Relancez par écrit à chaque retard, pour constituer un historique daté. Si les retards tiennent à la date de son salaire, proposez de déplacer la date de paiement par un avenant signé par les deux parties. Des retards répétés peuvent aussi justifier un congé pour motif légitime et sérieux à l'échéance du bail.
Peut-on changer la date de paiement du loyer en cours de bail ?
Oui, avec l'accord du locataire, par un avenant au bail daté et signé qui précise la nouvelle date et le premier loyer concerné. Ni le bailleur ni le locataire ne peuvent la modifier seuls. Seule exception : le locataire peut exiger de payer chaque mois si le bail prévoit une autre périodicité (article 7, a).
Le locataire peut-il payer une partie du loyer seulement ?
Il peut verser un acompte, que le bailleur a intérêt à encaisser. Le bailleur remet alors un reçu, et non une quittance, car la quittance atteste un paiement intégral (article 21). Le solde reste dû : un paiement partiel peut avoir les mêmes conséquences qu'un impayé.

Sources

Un retard se règle
avant de devenir un impayé.

Loyers rapprochés en banque, relances automatiques à J+3, J+8 et J+15, avis d'échéance envoyés seuls : avec Qalimo, vous réagissez le jour même, sans pénalité ni frais.

6 500 bailleurs369 avis Google et TrustpilotEssai 30 jours, aucun débit pendant l'essaiConçu par un ancien huissier

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